Cela faisait un moment que l’on parlait mais tout le monde attendait la dĂ©cision de l’USGA et du Royal & Ancient Ă Saint-Andrews, allait-on ou non interdire les belly putters et les longs putters?
La décision a été rendue mercredi 28 novembre : à compter du 1er janvier 2016, ces putters seront interdits de toutes compétitions.
Il faudra mettre au placard tout ce qui ne ressemble pas Ă un putter traditionnel. Ainsi en a dĂ©cidĂ© l’USGA et le Royal & Ancient qui rĂ©gissent les règles partout sur la planète.
» Le dĂ©fi pour les joueurs est de contrĂ´ler le mouvement du club pour frapper la balle, et ancrer le club altère ce challenge. Les règles du golf doivent donc Ă©voluer pour prĂ©server le caractère traditionnel du swing «
souffle Mike Davis, le directeur exĂ©cutif de l’USGA.
Keegan Bradley, premier vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem (PGA Championship 2011) muni d’un long putter devra donc revoir sa copie, tout comme Webb Simpson, rĂ©cent laurĂ©at de l’US Open en juin dernier Ă Olympic (Californie).
Tiger Woods et Ernie Els entre autres voulaient sa mort. Ils ont obtenu gain de cause.
Mais pourquoi tant de haine?
Le petit monde du golf se regarde le nombril. Et le putter qu’on lui ajoute comme un ersatz de cordon ombilical. Ce « belly putter », club utilisĂ© lorsque la balle se trouve Ă quelques pas du trou sur cette moquette de pelouse qu’on appelle le green, s’utilise en appui au niveau du nombril (« belly » signifie ventre en anglais) et offre ainsi plus de stabilitĂ© Ă son utilisateur. Le club est actuellement mis en examen par les très sĂ©rieuses et très prestigieuses US Golf Association et « The R&A« , qui Ă©dictent les règles qui s’appliquent Ă ce sport sur tous les parcours du globe.
« De plus en plus de joueurs l’utilisent, en haut niveau comme en pratique loisir. Nous voulons vĂ©rifier que cela reste dans la tradition et dans l’histoire du jeu, en dĂ©cidant ce qui sera bon pour le jeu, » a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© le très sĂ©rieux directeur de l’US Golf Association, Mike Davis. Qu’a donc fait ce club pour que les autoritĂ©s golfiques en fassent un sujet d’inquiĂ©tude? « Belly » est soupçonnĂ© d’ĂŞtre au golf ce que la combinaison en polyurĂ©thane Ă©tait Ă la natation. Il pourrait bien connaĂ®tre le mĂŞme destin que le moulant costume, reconnu comme une sorte de « dopant technologique » et banni des bassins.
Plus de stabilité dans le putt
Le dĂ©bat sur le belly putter, club qui existe depuis les annĂ©es 60, a vĂ©ritablement dĂ©butĂ© avec la victoire mi-aoĂ»t 2011 Ă l’US PGA de Keegan Bradley. Le jeune prodige du Vermont, titrĂ© pour sa première participation, est le premier vainqueur d’un des quatre tournois majeurs Ă jouer avec ce putter. En plus des deux mains, celui-ci offre un troisième point de contact entre le golfeur et son club. En terme de stabilitĂ©, il est au putter traditionnel ce que le tricycle est au vĂ©lo. L’action des poignets gagne en Ă©quilibre et le joueur renforce sa prĂ©cision. La canne Ă©tant plus longue avec le belly, les longs putts se font cependant moins en « touchĂ©e » qu’avec un putter traditionnel.
« Ce qui change beaucoup pour moi, c’est le poids plus lourd du belly, qui me permet de mieux faire rouler la balle, » explique Ă L’Express Jean-Baptiste Gonnet, professionnel français qui utilise l’engin et rĂ©alise un bon dĂ©but de saison avec des Top 6 au Qatar et Ă New Dehli en fĂ©vrier. « Il m’aide Ă bien prendre ma posture et Ă faire un mouvement de balancier rĂ©gulier, » prĂ©cise pour sa part GrĂ©gory Havret connu pour sa 2e place Ă l’US Open en 2010, et qui l’utilise depuis 2007, « avec deux pauses de quatre mois au petit putter ».























