Le fameux gant de Michael Jackson Ă©tait en fait un gant de golf. ImmortalisĂ© lors de ses nombreuses clips et prestations scĂ©niques, ce gant gant de cuir beige ornĂ© de strass, portĂ© par Michael Jackson en 1983 lorsqu’il rĂ©alisa pour la première fois son cĂ©lèbre pas de danse du “Moonwalk”, a Ă©tĂ© adjugĂ© 350 000 dollars (235 000 euros) New York, lors d’une vente aux enchères frĂ©nĂ©tique d’objets de la dĂ©funte pop star.
Ce gant blanc pailletĂ© soigneusement ajustĂ© sur l’une de ses mains dĂ©licates, des mains qui finiraient par symboliser sa libĂ©ration. Le gant: un accessoire aussi mythique que les lunettes de Woody Allen ou le cigare de George Burns. C’Ă©tait une cape de Superman plus vraie que nature, un accessoire au pouvoir transformateur. Le gant le rendait mystĂ©rieux. Aujourd’hui, nous en savons tous beaucoup trop au sujet de Michael Jackson, jusqu’aux marques distinctives figurant sur ses parties gĂ©nitales. Dans les annĂ©es 80, nous, les fans, nous autorisions Ă nous passionner pour quelque chose d’aussi original que le gant d’une pop star.
Mais pourquoi portait-il ce gant, d’ailleurs ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Rien au sujet de cet homme n’Ă©tait lĂ par hasard: le gant avait sĂ»rement son utilitĂ©. Ca ne pouvait pas ĂŞtre une simple recherche de style. Peut-ĂŞtre Ă©tait-ce un commentaire sur le dualisme de la cĂ©lĂ©britĂ©: la peau de sa main nue symbolisant le Michael mortel, le doux jeune homme issu d’une rĂ©gion charbonneuse de l’Indiana; et la main gantĂ©e reprĂ©sentant le Michael exubĂ©rant du show-biz, la superstar chantant, suant et virevoltant sous les projecteurs. Le gant avait aussi une face d’ombre: c’Ă©tait un fourreau pour des doigts qui glissaient dĂ©sagrĂ©ablement vers l’entrejambes du chanteur, des doigts que l’on accuserait d’avoir caressĂ© des petits garçons. Le gant fut un jour ensorcelant et dĂ©routant, un simple accessoire que le contexte a rendu compliquĂ©: qui le portait, et pourquoi.
Maintenant que le Michael acquittĂ© a fui vers lĂ oĂą il est, faisant ce qu’il fait, je me sens nostalgique. Pas seulement de ses vĂŞtements tapissĂ©s d’Ă©toiles mais aussi de son sourire timide et de sa voix lĂ©gère comme une plume, toujours suspendue entre un chuchotement et un Ă©clat de rire. Je regrette aussi l’art qu’il crĂ©ait pendant cette longue pĂ©riode initiale avant qu’il devienne si Ă©trange que son talent artistique paraĂ®t dĂ©sormais hors sujet. Ces chansons me manquent. Ces pas de danse me manquent. Je regrette Ă la fois son apparence surnaturelle et sa sensibilitĂ© pop exceptionnelle.























