Manassero, l’étoile montante

Matteo Manassero est devenu le plus jeune vainqueur du Tour Européen en dominant l’Open de Castello avec quatre coups d’avance sur Ignacio Garrido. Sergio Garcia a effectué un timide retour sur le circuit. Jean-Baptiste Gonnet termine huitième.

La jeunesse continue de jouer des coudes pour se faire une place sur les circuits mondiaux. Après l’avènement de Rory McIlroy en Europe, auteur de sa première victoire en 2009 à 20 ans, de Ryo Ishikawa, plus jeune vainqueur de l’histoire du circuit japonais en 2007 à 15 ans, et de l’Américain Rickie Fowler, membre de l’équipe américaine de Ryder Cup à 21 ans, c’est au tour de Matteo Manassero de devenir le plus jeune vainqueur de l’histoire du circuit européen en s’imposant à Castello. L’Italien, 17 ans, a parfaitement su gérer son triomphe en donnant un petit coup d’accélérateur au moment où ses adversaires, notamment Gary Boyd, se faisaient grignoter par la pression. Solide leader après 65 trous, le Britannique commençait à sentir le souffle chaud du Transalpin sur sa nuque, avant de se faire éjecter de la course au titre pour finalement se raccrocher in extremis au podium.

Manassero accélère
Avec deux coups d’avance sur Matteo Manassero à six trous de la fin, Gary Boyd, qui venait tout juste de fêter ses 24 ans, semblait bien parti pour signer la première victoire de sa jeune carrière professionnelle débutée en 2007 sur le circuit européen. La solidité de son jeu jusque-là, illustrée par ses neuf pars en douze trous, ainsi que le manque d’expérience de ses poursuivants, plaidaient en sa faveur. Mais Matteo Manassero choisissait de débuter son festival au trou numéro 13 pour mettre une pression si forte sur son partenaire de la dernière partie jouée à trois (aux côtés du Suédois Nilsson, troisième comme Boyd) que l’Anglais allait concéder sept coups en six trous ! «C’est le tournant du tournoi, reconnaissait Manassero. Lorsque je sauve le par sur le 12, alors que je n’étais pas bien depuis le trou numéro 9, et que je rentre trois birdies d’affilée jusqu’au 15 avec des supers coups et des longs putts, c’est vraiment là que j’ai fait la différence.» Car dans le même temps Gary Boyd concédait deux bogeys et un double-bogey du 15 au 17. Manassero a vraiment joué comme un vétéran du circuit, même si sa casquette affublée d’un sponsor vantant une marque de confiserie pour enfants et l’omniprésence de son père étaient là pour nous rappeler que la star n’est encore qu’un gamin.

Dans les pas de Garcia
On a tous à l’esprit ces images de joie d’un golfeur vainqueur se jetant dans les bras de sa femme pour lui signifier sa solidarité dans la douleur, comme Phil Mickelson avec Amy qui combat un cancer, ou encore comme l’émotif Bubba Watson, cherchant une épaule pour pleurer à chaudes larmes. Cette fois, c’est avec son père que le vainqueur a fêté l’événement. Un père forcément heureux de la réussite si précoce de son fils prodige. «Il doit être aussi heureux que moi, souriait Matteo Manassero. Cette victoire est vraiment au-delà de nos espérances. Je ne pouvais pas imaginer m’imposer dès ma première année professionnelle.» Jean-Baptiste Gonnet, sur le circuit européen depuis 2007, a signé une belle prestation avec au bout une encourageante huitième place, mais son second podium en carrière tarde à se dessiner, ce qui doit d’autant plus laisser rêveur le Cannois en voyant l’éclosion de Manassero. L’Italien, remarqué en 2009 par sa victoire lors de l’Open britannique amateur et sa treizième place quelques semaines plus tard pour l’édition professionnelle du British Open, avait confirmé cette saison en devenant le plus jeune golfeur à passer le cut du Masters. Avec cette victoire après seulement dix tournois disputés, il se place juste derrière Sergio Garcia au palmarès des étoiles filantes. L’Histoire se permet ainsi un clin d’oeil au maître espagnol qui faisait son grand retour à la compétition après deux mois de repos sur ses terres de Castello.

Un numéro un qui ne tient plus qu’a un fil
Sergio Garcia a lui aussi fait figure de jeune prodige en son temps. Maintenant agé de 30 ans, passé tout près de la première place mondial fin 2008, El Nino a pris ses distances avec les parcours, suite à une baisse de motivation. Sa récente présence en tant que co-capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup laissait à penser à un retour imminent, le golfeur de Castellon ne pouvait rêver meilleur endroit pour réintégrer le circuit, sur son parcours d’entraînement où il a gagné la première édition du Castello Masters en 2008. «J’ai beaucoup oeuvré pour qu’une épreuve du Tour Européen soit disputée dans mon club, confiait Garcia. Je me sens bien après ce break de deux mois. J’avais perdu le plaisir de jouer et aller taper des balles au practice était devenu une obligation. Maintenant j’ai retrouvé du plaisir et je veux rapidement retrouver le niveau qui était le mien.» Garcia devra patienter encore un peu. L’Espagnol a manqué le cut à Castellon, terminant dans le même score que Raphaël Jacquelin, et le chemin s’annonce long et difficile. Un retour aux affaires qui pourrait bien s’avérer aussi compliqué que celui de Tiger Woods. Le numéro un mondial se fera en effet subtiliser son trône par l’Anglais Lee Westwood dès le week-end prochain. Le visage du golf mondial sera ainsi bouleversé après l’Open de Valderrama, une semaine avant le HSBC Championship qui verra s’affronter les meilleurs golfeurs de la planète pour le début de l’épilogue asiatique du circuit européen qui s’achèvera à Dubaï (25-28 novembre).

Classement final (par 71) :
1. Manassero (Ita) 268 (68-66-67-67)
2. Garrido (Esp) 272 (70-66-68-68)
. Luiten (PB) 273 (68-72-65-68)
. Lawrie (Irl) 273 (72-64-67-70)
. Boyd (Ang) 273 (68-68-63-74)
. Nilsson (Sué) 273 (68-67-66-72)

Article original.

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